Préambule

René CAPO à été coordinateur du comité de vigilance de Biscarrosse depuis sa création en 2001 jusqu'en 2014 ainsi que du collectif Aquitain contre les rejets en mer (2005-2006).

Il est également l'un des membres fondateurs de l'Association pour la Défense, la Recherche et les Études Marines de la Côte d'Aquitaine (ADREMCA) en 1979.


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jeudi 12 septembre 2013

25 juillet 2010 : L'impact des crèmes solaires

-L’IMPACT DES CREMES SOLAIRES SUR LE MILIEU MARIN ET LA SANTE HUMAINE-
Bonjour à tous,
L’Eté est là avec le soleil, les plages et bien entendu pour la majorité d’entre nous les crème solaires….
Sont-elles sans danger ?
Pour le savoir « ENVOYE SPECIAL » du jeudi 22 juillet 2010 nous en dit un peu plus…

Les crèmes solaires en question
Un reportage de Stenka Quillet, Diana Anghel et Matthias Denizo

Chaque année, 15 millions de tubes de crèmes solaires sont vendus en France. Mais ces crèmes solaires sont-elles sans danger ? Des études affirment aujourd’hui que les filtres contenus dans ces crèmes ont des effets nocifs sur la santé et sur l’environnement. Les filtres chimiques, qui protègent contre les UVB et les UVA, joueraient dans l’organisme un rôle comparable à celui des œstrogènes et pourraient entraîner un déséquilibre hormonal. On retrouverait des molécules de ces filtres jusque dans le lait maternel. Ces crèmes présenteraient un autre inconvénient. Elles seraient nocives pour l’environnement. Notamment pour les récifs de corail. 4000 tonnes de résidus de crèmes solaires se déposent chaque année sur des massifs coralliens. Des chercheurs spécialisés en biologie sous-marine ont établi que 10% d’entre eux sont déjà affectés par ces substances. Leur maladie est visible à l’œil nu. Ils blanchissent et meurent. Une catastrophe écologique quand on sait que les coraux sont l’un des écosystèmes majeurs de la planète. Alors que faire ? Certaines marques écologiques ont tenté de réagir en remplaçant les filtres chimiques par des filtres minéraux naturels. Mais ces filtres naturels (dioxyde de titane et oxyde de zinc) font débat, car ils sont suspectés de pénétrer l’épiderme et d’entrer dans la circulation sanguine sans qu’on en connaisse encore réellement les effets. Alors peut-on se protéger du soleil sans affecter notre santé et notre environnement ?
Réponses dans cette enquête surprenante menée auprès des dermatologues, des fabricants et des scientifiques
***********************
Un autre problème non évoqué dans le reportage « Envoyé Spécial » :
LES NANOPARTICULES DANS LES CREMES SOLAIRES
Par Marie-France Corre, Marie-France Corre, elle est ingénieur en design industriel et matériaux & innovations technologiques. Après une expérience en recherche et développement, elle a passé 17 ans à la tête du département Essais de Que Choisir où elle a assuré la coordination des essais de produits pour le journal et l’expertise scientifique pour l’association. Consultante indépendante depuis 2006, elle s’intéresse aux questions de consommation et marketing responsable

Depuis le vent de panique provoqué en mars 2005 par le reportage d’Envoyé Spécial, les consommateurs n'ont toujours pas de quoi être pleinement rassurés quant à l’innocuité des gels douche, crèmes anti-rides et autres crèmes solaires. Après le débat des ingrédients chimiques potentiellement toxiques pour l’homme, les nanoparticules et nanomatériaux sont passés sur le devant de la scène. Fini le temps où la présence de "nanosomes" dans un produit de beauté était un "plus produit" indéniable : on craint désormais le passage de ces minuscules particules dans l’organisme, avec des risques pour la santé si elles venaient à s’accumuler dans les tissus.
Minuscule en effet, un nano-matériau possède au moins une de ses dimensions extérieures inférieure à 100 nanomètres (un nanomètre est égal à un milliardième de mètre, une nano-particule a quant à elle toutes ses dimensions inférieures à 100 nm). Un tel changement d’échelle, modifiant les surfaces d’échange, apporte au matériau "nano" une réactivité chimique bien plus importante que sous sa forme conventionnelle.
En Europe, 3 % des cosmétiques, des dentifrices aux crèmes hydratantes, contiendraient des nanoparticules. Dans les crèmes solaires en particulier, le dioxyde de titane sous forme "nano" donne une consistance agréable, et non un mélange plâtreux et épais qui laisse des traces blanches sur la peau. Côté étiquetage, aucune obligation d’indiquer la présence de nanomatériaux : seul le nom des substances, non leur forme, est indiquée. La directive d'enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques (REACH) ne devrait pas faire évoluer cette situation puisque rien de spécifique n’y est prévu pour les nanoparticules.
Partout dans le monde, les associations s’inquiètent : les cosmétiques contenant des "nano" pourraient passer à travers la peau après leur application. Dès mai 2006, les équipes australiennes et américaines de l’association Les Amis de la Terre, ont publié un rapport sur les nanoparticules dans les cosmétiques [1]. Un site internet dédié aux nanotechnologies a également été crée. Aux Etats-Unis, les tests de crèmes solaires du magazine Consumer Reports ont précisé la présence de filtres "nano". En Grande-Bretagne, le magazine de consommateurs Which? a montré que la majorité des consommateurs ne connaissent pas ces matériaux : 36 % seulement d’entre eux savent qu’il peut y en avoir dans les cosmétiques [2] [3]. En France, le magazine Que Choisir, plus modéré, estimait en 2007 que les "nano" pourraient passer la barrière cutanée en cas de peau lésée ou de mouvement de flexion/extension [4]. Demande commune de ces différentes organisations : un étiquetage spécifique des produits de consommation contenant des "nano".
Parmi les autorités sanitaires, aucune n’a réellement tranché sur la question : l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail réclamait en 2006 de nouvelles études [5] [6] ; aux Etats-Unis, la FDA suggérait la mise au point de méthodes d’évaluation spécifiques et à Bruxelles, le SCCP [7] jugeait peu probable le passage transcutané, sauf dans des cas bien particuliers. Les fabricants, eux, continuent l’utilisation des nano, estimant que les particules ont tendance à s’agréger, ce qui permet de les maintenir au niveau des couches superficielles de la peau.
Alors que les risques pour la santé des nanoparticules ne sont donc ni démontrés, ni démentis, la contamination de l’environnement apparaît plutôt inquiétante. En mars 2009, Cyndee Gruden, Ph.D. et Olga Mileyeva-Biebesheimer, ont présenté une étude sur le dioxyde de titane (TiO2) présent dans les crèmes solaires et certains cosmétiques. Les deux scientifiques ont testé la survie de la bactérie Escherichia coli (E.coli) exposée à des nanoparticules de TiO2, et ont constaté une réduction significative des fonctions biologiques de ces micro-organismes à des doses très faibles (de l’ordre de 10 à 100 µg par litre de TiO2). Leur conclusion : ces particules, présentes dans les eaux traitées dans les stations d’épuration, seraient capables d’endommager les micro-organismes qui jouent un rôle vital dans les éco-systèmes et participent au traitement de l’eau.
Pour le consommateur désireux d’éviter les "nano", la marge de manœuvre est faible : il peut se tourner vers les solaires bio labellisés, les cahiers des charges des labels BDIH, Nature & Progrès, Cosmébio ou Ecocert qui interdisent l’utilisation de nanoparticules. Ou bien choisir un produit solaire contenant uniquement des filtres solaires chimiques, avec les inconvénients que cela comporte
Friends of the earth USA and Australie, Nanomaterials, sunscreens and cosmetics : small ingredients, big risks, May 2006
Étude de Which? effectuée sur 2,091 adultes âgés de plus de 16 ans du 14 au 18 Novembre 2007
Consumers unaware of nano-revolution, Consumer Association, corporate press releases, 20 December 2007
Nanotechnologies, A prendre avec des pincettes, Fabienne Maleysson, Que Choisir, Février 2007
Avis de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail relatif aux effets des nanomatériaux sur la santé de l’homme et sur l’environnement, Saisine Afsset n° 2005/010, Juin 2006
Les nanomatériaux, Avis de l’Afsset, Effets sur la santé de l’homme, et sur l’environnement 1,5 nm, Rapport du groupe d’experts, July 2006
Scientific Committee on Consumer Products, Preliminary opinion on safety of nanomaterials In cosmetic products, June 2007

jeudi 21 septembre 2017


LES NANOPARTICULES

 
UN DANGER POUR LA SANTE HUMAINE

1 °) Dans 60 millions de consommateurs :

C'est dans les bonbons, les gâteaux et autres produits…



 
2 °) Sur France Inter dans "La Tête au carré" par Axel Villard

Les encres colorées pour tatouages

Elles contiennent des nanoparticules d'oxyde de titane qui peuvent voyager dans le corps.

Une étude Franco-Allemande le prouve


 
Mathieu Vidard

*************
 

On ne le dira jamais assez…

 
Avec les pollutions atmosphériques qui ne connaissent pas de frontières…les micropolluants, les microparticules de plastiques et les nanoparticules (1) représentent une véritable menace pour la santé humaine.
 

 (1) Les nanoparticules sont des éléments ayant une taille nanométrique, entre 1 et 100 nanomètres (1 nanomètre est 1000 millions de fois plus petit qu'un mètre). L'échelle est de l'ordre des molécules.

Utilisées dans tous les domaines depuis les années 90, les nanoparticules sont de plus en plus présentes dans notre quotidien (cosmétiques, peinture, électronique, informatique...)


 
 
***********

 
J'avais été invité en 2005 par Corinne Lepage, présidente de CAP 21 à Pézenas à l'occasion de l'Université d' Été de CAP 21.

Le thème central :

Les Nanotechnologies

 
Au cours de la conférence, les danger des nanoparticules au niveau de leurs fabrications et de leurs utilisations avaient en effet été signalées.

Il a fallu attendre 12 ans pour qu'un organisme de défense des consommateurs dénonce la présence de ces nanoparticules dans des bonbons, gâteaux et sans doute d'autres aliments...y compris dans les peintures colorées pour tatouages…

 

Pourquoi les pouvoirs publics n'ont-ils pas interdit l'utilisation de ces nanoparticules  dans l'alimentation humaine ?

 

On a préféré une fois de plus ou plutôt une fois de trop gardé le silence, comme c'est la coutume

pour ne pas affoler la population…

 

C'est à l'occasion de l'Université d'Eté de CAP 21 que j'ai fait la connaissance du professeur Dominique Belpomme, cancérologue à l'Hôpital Pompidou et président l'ARTAC.

(Association indépendante de médecins et de chercheurs, spécialisée dans l’étude biologique, thérapeutique et clinique des cancers.  C’est la seule association française de lutte contre le cancer à promouvoir une prévention environnementale.)


C'est au cours de cette rencontre que le professeur Dominique Belpomme a accepté de venir à Biscarrosse le 15 avril 2007 pour une conférence-débat au cinéma Atlantic.
 

Le thème :
 

"les substances chimiques - Quelles incidences sur notre santé"
 

La ville de Biscarrosse contribua largement à l'organisation de cette conférence-débat.

Déroulement de la conférence :

 
 
 
Hervé Delrieu de FGL - Professeur Dominique Belpomme - Alain Dudon, maire de Biscarrosse et président du Comité de Vigilance de Biscarrosse


 

*************
Si vous souhaitez réagir contre cette malbouf vous pouvez dire aux industriels :
STOP aux nanoparticules
****************
Quelques informations sur le déroulement de l'université d'été de CAP 21 :
 
Corinne Lepage - Dominique Belpomme - Michèle Rivasi


Corinne Lepage - René Capo
 

samedi 9 septembre 2023

 

LES NANOPARTICULES

UN DANGER POUR LA SANTE HUMAINE

Corinne Lepage, présidente de CAP 21 à Pézenas à l'occasion de l'Université d' Été de CAP 21.

Corinne Lepage - René Capo


1 °) Dans 60 millions de consommateurs :

C'est dans les bonbons, les gâteaux et autres produits…



 
2 °) Sur France Inter dans "La Tête au carré" par Axel Villard

Les encres colorées pour tatouages

Elles contiennent des nanoparticules d'oxyde de titane qui peuvent voyager dans le corps.

Une étude Franco-Allemande le prouve


 
Mathieu Vidard

*************
 

On ne le dira jamais assez…

 
Avec les pollutions atmosphériques qui ne connaissent pas de frontières…les micropolluants, les microparticules de plastiques et les nanoparticules (1) représentent une véritable menace pour la santé humaine.
 

 (1) Les nanoparticules sont des éléments ayant une taille nanométrique, entre 1 et 100 nanomètres (1 nanomètre est 1000 millions de fois plus petit qu'un mètre). L'échelle est de l'ordre des molécules.

Utilisées dans tous les domaines depuis les années 90, les nanoparticules sont de plus en plus présentes dans notre quotidien (cosmétiques, peinture, électronique, informatique...)


 
 
***********

 
J'avais été invité en 2005 par Corinne Lepage, présidente de CAP 21 à Pézenas à l'occasion de l'Université d' Été de CAP 21.

Le thème central :

Les Nanotechnologies

 
Au cours de la conférence, les danger des nanoparticules au niveau de leurs fabrications et de leurs utilisations avaient en effet été signalées.

Il a fallu attendre 12 ans pour qu'un organisme de défense des consommateurs dénonce la présence de ces nanoparticules dans des bonbons, gâteaux et sans doute d'autres aliments...y compris dans les peintures colorées pour tatouages…

 

Pourquoi les pouvoirs publics n'ont-ils pas interdit l'utilisation de ces nanoparticules  dans l'alimentation humaine ?

 

On a préféré une fois de plus ou plutôt une fois de trop gardé le silence, comme c'est la coutume

pour ne pas affoler la population…

 

C'est à l'occasion de l'Université d'Eté de CAP 21 que j'ai fait la connaissance du professeur Dominique Belpomme, cancérologue à l'Hôpital Pompidou et président l'ARTAC.

(Association indépendante de médecins et de chercheurs, spécialisée dans l’étude biologique, thérapeutique et clinique des cancers.  C’est la seule association française de lutte contre le cancer à promouvoir une prévention environnementale.)


C'est au cours de cette rencontre que le professeur Dominique Belpomme a accepté de venir à Biscarrosse le 15 avril 2007 pour une conférence-débat au cinéma Atlantic.
 

Le thème :
 

"les substances chimiques - Quelles incidences sur notre santé"
 

La ville de Biscarrosse contribua largement à l'organisation de cette conférence-débat.

Déroulement de la conférence :

 
 
 
Hervé Delrieu de FGL - Professeur Dominique Belpomme - Alain Dudon, maire de Biscarrosse et président du Comité de Vigilance de Biscarrosse


 

*************
Si vous souhaitez réagir contre cette malbouf vous pouvez dire aux industriels :
STOP aux nanoparticules
****************
Quelques informations sur le déroulement de l'université d'été de CAP 21 :
 
Corinne Lepage - Dominique Belpomme - Michèle Rivasi


Corinne Lepage - René Capo
 

mercredi 2 décembre 2020

 

Nanoparticules : quels risques pour notre santé  ?

 


 Nano dioxyde de titane dans les crèmes solaires, nano oxyde de silicium dans les aliments, nano-argent dans les textiles… Les nanoparticules se sont imposées dans notre quotidien, dans la pharmacie, l’agroalimentaire, le bâtiment ou le textile.  10 000 fois plus petites qu’un grain de sel, elles soulèvent, à raison, de fortes inquiétudes. On fait le point.

 

SOMMAIRE :

Au départ, il s’agissait d’un progrès fantastique. Issus du monde de l’infiniment petit, les nanomatériaux ont ainsi été intégrés, depuis la fin des années 90, dans une grande variété de produits de la vie courante... Sauf que leur succès soulève aujourd’hui de nombreuses questions, à commencer par celle de leur éventuel impact sanitaire.

Pour lire la suite de l’article :

 https://www.santemagazine.fr/sante/sante-environnementale/perturbateurs-endocriniens/nanoparticules-quels-risques-pour-notre-sante-172152#:~:text=Les%20risques%20%3A%20plus%20ces%20mol%C3%A9cules,favoriseraient%20certains%20cancers%20du%20poumon.

Pour plus d’informations :

-         Nanoparticules : l'Anses appelle les pouvoirs publics à renforcer le suivi de ces produits souvent mal connus et dont les risques possibles inquiètent.   https://www.lefigaro.fr/sciences/nanomateriaux-l-anses-appelle-a-renforcer-la-tracabilite-20201201

-         Nanomatériaux :  l’Anses appelle à renforcer la traçabilité : https://www.sudouest.fr/2020/12/01/nanomateriaux-l-anses-appelle-a-renforcer-la-tracabilite-8138153-6150.php

-         Les nanoparticules : un danger pour la santé humaine : http://renecapo.blogspot.com/search?q=les+nanoparticules+

 

lundi 31 juillet 2017


Comment Limiter l’impact des Crèmes Solaires sur l’Océan ?


 

Ecrit par Guillaume Barucq / Dans ACTUALITES, Crème solaire, Environnement / mars 26, 2017

Le tourisme balnéaire est en plein boom : c’est le secteur touristique qui a la plus forte croissance (763 millions de touristes en 2004 et un doublement prévu d’ici 2020 à 1,56 milliard). En parallèle, la population côtière mondiale augmente : aujourd’hui plus de 60 % de la population mondiale vit à moins de 150 kilomètres du rivage (75 % prévu en 2025).

En même temps que la pression anthropique sur les côtes augmente, la consommation de produits solaires explose. Utilisés largement depuis la seconde moitié du 20ème siècle, ils représentent aujourd’hui un énorme business dont les parts de marché ne cessent d’augmenter, notamment dans les pays occidentaux. Le chiffre d’affaires de la protection solaire à l’échelle mondiale représentait environ 7 milliards d’euros en 2014.

Vu l’ampleur de l’utilisation des produits solaires, il est légitime de se poser la question : les crèmes solaires représentent-elles un nouveau risque environnemental associé au tourisme côtier ? Des chercheurs se sont penchés sur la question.

Les filtres UV peuvent atteindre l’environnement marin par 2 voies principales :

  • directement par l’intermédiaire des activités récréatives comme la baignade ou le surf. Il faut une vingtaine de minutes de bain pour perdre 25% de la crème solaire appliquée sur sa peau. Les études ont montré une relation directe entre la fréquentation des plages et les quantités de crème solaire retrouvées dans l’eau de mer. Sans surprise, on retrouve les concentrations dans le sable les plus élevées sur les plages les plus fréquentées.
  • indirectement par les effluents de stations d’épuration qui laissent passer une partie de ces produits qui se retrouvent dans le réseau d’assainissement via nos toilettes (les produits passant à travers la peau peuvent passer dans la circulation et être éliminés dans les urines), nos douches ou nos lessives.

Une fois dans la colonne d’eau, les composants provenant des crèmes solaires peuvent s’accumuler dans différents compartiments environnementaux.

Presque la moitié des filtres chimiques se concentrent dans les tous premiers centimètres de la couche superficielle d’eau de mer. On retrouve aussi des filtres UV dans des échantillons solides comme le sable ou les sédiments. Des analyses en plein Océan Pacifique ont également montré la persistance de petites doses de résidus de filtres UV en pleine mer à distance des côtes.

Sur les 50 composés organiques autorisés comme filtres UV dans les crèmes solaires, seuls 16 d’entre eux ont été étudiés à ce jour dans le milieu naturel. Les connaissances sont encore très parcellaires et les recherches nécessitent des moyens d’analyse fine car diluées dans le milieu aquatique, les concentrations de filtres UV sont comprises entre le picomole et le nanomole/L.

Les filtres UV peuvent être instables en milieu aquatique et subir des transformations en sous-produits indésirables qui compromettent leurs capacités d’absorption et les rendent plus toxiques. Les filtres UV peuvent être dégradés, transformés ou excités sous l’effet des rayons solaires. Des filtres organiques ou minéraux peuvent ainsi engendrer des DRO (dérivés réactifs de l’oxygène : O2−, OH, H2O2, etc.) toxiques pour le phytoplancton.

Le comble ici est que le soleil – contre lequel les crèmes solaires sont censées apporter une protection – va aggraver la toxicité de certains composants.

La photo-excitation par le soleil de filtres minéraux contenant des nanoparticules de dioxyde de titane (TiO2) ou d’oxyde de zinc (ZnO) produit des quantités significatives de peroxyde d’hydrogène (H2O2) qui entraîne de hauts niveaux de stress sur le phytoplancton et altère l’ADN, les lipides ou les protéines d’organismes marins.

 


 
Certains filtres UV sont non seulement toxiques pour le corail, mais une toxicité a également été observée sur le phytoplancton ou des microalgues.

Les filtres solaires peuvent aussi s’accumuler dans la chaîne alimentaire et ont été retrouvés dans les tissus de divers organismes marins comme les moules, les crustacés, les oursins, les anguilles, les poissons, les mammifères ou les oiseaux marins. Du fait de leur lipophilie, ces composants tendent à s’accumuler dans le muscle et les tissus graisseux des animaux marins.

En plus de leur toxicité potentielle, des effets hormonaux perturbateurs endocriniens de certains filtres UV sur des organismes marins sont possibles.

Autre effet collatéral inattendu : les crèmes solaires peuvent constituer une source importante de nutriments (nitrates, nitrites, phosphates, silicates et ammonium) dissous dans l’eau de mer qui peuvent stimuler la croissance d’algues.

Sachant cela, que peut-on faire pour limiter l’impact des crèmes solaires sur l’environnement marin ?

–> Au niveau individuel :

  • Premièrement, la toxicité potentielle de certains composants de crèmes solaires ne doit pas vous faire renoncer à la protection solaire, bien au contraire.
  • La crème solaire devrait être considérée comme la dernière ligne de protection solaire après : la limitation du temps d’exposition, la protection vestimentaire (top de protection solaire, combinaison, chapeau, lunettes…) et la recherche d’espaces ombragés. La crème solaire reste nécessaire pour couvrir les parties découvertes en cas d’exposition prolongée au soleil.
  • Pour le choix de la crème solaire (et plus généralement des cosmétiques), faites comme la surfeuse Justine Dupont : devenez une surfeuse (ou un surfeur) water-responsable en ne choisissant que des cosmétiques éco-certifiés. Vous pouvez vous orienter vers des crèmes solaires bio à base de produits naturels aux propriétés de photoprotection reconnues. C’est le cas par exemple avec des extraits d’algues rouges du Pays Basque aux propriétés antioxydantes utilisés dans les crèmes solaires des Laboratoires de Biarritz.

Lire aussi : – Une crème solaire peut être bio et efficace.

Certaines marques favorisent des formulations excluant des composants suspectés d’être toxiques pour le corail et proposent des crèmes coral-friendly. Et comme ce qui peut nuire au corail peut aussi nuire au phytoplancton, ce type de produits n’est pas exclusivement réservé aux zones coralliennes.

On entend souvent que les écrans minéraux sont moins nocifs que les filtres chimiques. Ceci est vrai à condition qu’ils ne contiennent pas de nanoparticules dont nous avons vu les effets toxiques potentiels et sur lesquelles persistent des zones d’ombre sur l’impact environnemental et sanitaire.

Pour limiter l’impact sur le milieu marin, il existe quelques astuces. Vous pouvez par exemple faire un plouf dès l’arrivée à la plage et ne vous appliquer la crème solaire qu’en sortant de l’eau, à condition que le bain n’excède pas la dizaine de minutes (plus ou moins selon votre phototype). Certaines crèmes sont plus waterproof (résistantes à l’eau) que d’autres et tiennent mieux.


 

–> Au niveau collectif :

  • Pour les industriels, développer les labels avec des pictogrammes et des avertissements indiquant les ingrédients pouvant nuire au milieu marin, et les produits eco-friendly respectant l’environnement marin.
 
 
  • Mettre en place des campagnes de sensibilisation comme celle que Surf Prevention avait mise en oeuvre en association avec La Ligue contre le Cancer (campagne Surfez Couverts !) ou encore des actions de prévention solaire comme celle menée par la Ville de Biarritz depuis 2014 grâce à la participation active des jeunes en Service Civique citoyenneté et environnement qui délivrent des messages de prévention aux plagistes pendant tout l’été.

  • Développer la recherche : encore relativement peu d’études ont été réalisées sur le sujet des filtres solaires  : les premières analyses remontent à 2002 avec la recherche de filtres UV organiques en piscine et en eau de mer. En 2015, on recensait une cinquantaine d’articles publiés dans des revues à comité de lecture (les chercheurs espagnols, suisses et allemands étaient les plus actifs dans ce domaine). Vu l’enjeu environnemental, il est primordial que l’impact des produits solaires sur les milieux aquatiques soit mieux évalué.

Références :

D. Sánchez-Quiles, A. Tovar-Sánchez / Are sunscreens a new environmental risk associated with coastal tourism ? Environment International 83 (october 2015) 158–170

David Sánchez-Quiles and Antonio Tovar-Sánchez. Sunscreens as a Source of Hydrogen Peroxide Production in Coastal Waters. Environ. Sci. Technol., 2014, 48 (16), pp 9037–9042

Anders Goksøyr et al. Balsa Raft Crossing the Pacific Finds Low Contaminant Levels. Article in Environmental Science and Technology 43(13):4783-90 · August 2009.

Morgane Bachelot et al. Organic UV filter concentrations in marine mussels from French coastal regions. Science of The Total Environment 420:273-9


A propos de l'auteur : Guillaume Barucq

Médecin, surfeur, auteur du livre Surf Thérapie. Adjoint au maire de Biarritz à l'Environnement, Qualité de Vie et Bien-Être.